Les nutritionnistes conseillent de manger plus de poisson pour remplacer la viande car ils contiennent des oméga 3 et moins de graisses saturées donc meilleurs pour la santé. Du poisson oui mais pas n'importe lequel ni n'importe comment !
La consommation de poisson s'est grandement multipliée depuis ces 30 dernières années. En France nous mangeons 29 kg de poissons et crustacés
par personne et par an, et pour 58% nous les achetons en grandes et moyennes surfaces. Cependant cette surconsommation a entraîné une surexploitation des ressources marines. La surpêche industrielle cause actuellement divers dégâts :

- la disparition progressive de certaines espèces (les plus convoitées et populaires dans nos assiettes). Par exemple le cabillaud est pêché à 90% avant ses 2 ans (il vit jusqu'a 40 ans) c'est-à-dire avant sa maturité sexuelle, résultat plus de reproduction donc si rien ne change extinction de l'espèce à l'horizon 2020. Autre exemple : les stocks mondiaux du marlin, thon et espadon ont diminué de 90% en 50 ans.
- la destruction des richesses marines car les filets ne trient pas. Par exemple pour pêcher 1 Kg de crevettes, 10 Kg de poissons, tortues sont pris avec et sont rejetés mort dans la mer. Un moment il y a eu le problème de la mortalité croissante des dauphins à cause de la pêche du thon mais cela vient d'être strictement réglementé heureusement par un programme international de protection des cétacés.
- la pollution causée par les chalutiers et par le transport des poissons
L'aquaculture et pisciculture : ce sont des solutions trouvées pour pallier à la diminution des espèces marines. Ainsi 95 % du saumon concommé provient de
l'aquaculture.

Mais comme pour l'agriculture intensive cela entraine des conséquences néfastes :
- utilisation de produits chimiques polluants
- utilisation d'aliments industriels, la plupart des farines issues de poissons sauvages ! Il faut savoir qu'il faut 3 à 7 kg de poisson sauvage pour nourrir
1 kilo de poisson d'élevage donc l'élevage accélère paradoxalement la diminution du stock de pleine mer.
- utilisation de traitements médicamenteux pour lutter contre les parasites, et de colorants synthétiques comme la canthaxantine (interdite dans l'alimentation de l'homme car pouvant provoquer la cécité chez les enfants) pour donner une couleur rosée au saumon (et cela pour plaire aux "yeux" des consommateurs) alors que le saumon sauvage a plutôt une chair pâle.

Comment acheter son poisson ?
- favoriser les labels : le plus répandu mais moins courant en France le label MSC instauré par l'ONG WWF et UNILEVER (1er acheteur mondial de poisson au monde).

Il sert à protéger les ressources marines mondiales avec un programme obligeant l'entreprise de pêche à ne pas faire de supêche, à préserver le fonctionnement, la diversité et la productivité de l'écosystème et à respecter les réglementations locales et internationales. Certains produits labellisés MSC sont vendus à ED et Monoprix.
Le label Rouge qui assure une qualité supérieure au produit.
Le label AB qui assure le respect de l'environnement, de l'animal et du consommateur (interdiction des farines animales ou de OGM)
- favoriser les poissons qui ne sont pas en voie d'extinction, par exemple il faut éviter (sauf si labellisés) le cabillaud (à remplacer par le colin ou le
lieu), le merlu européen, l'empereur, le grenadier, le sabre, le bar sauvage, la sole, la raie et la crevette rose. Vous pouvez privilégier les crustacés,
le saumon du Pacifique, l'anchois... De manière générale, variez les espèces de poissons.
Pour trouver une liste des poissons à consommer ou non, je vous conseille le guide créé par Greenpeace : http://www.greenpeace.org/france/press/reports/et-ta-mer-t-y-penses (il est téléchargeable).
- il faut faire attention aussi à la taille des poissons, évitez de les prendre trop petits car cela veut dire qu'ils ont été pêchés avant leur maturité sexuelle ! Des ONG ont dicté les tailles minimales de chaque espèce apte à la consommation (cf le guide de Greenpeace)
- privilégier les produits locaux
- ne pas hésiter à demander au poissonnier la provenance du poisson, si c'est sauvage ou d'élevage.